LES CHRONIQUES IMPERTINENTES DE SYSSY

L'actualité passée au crible et commentée, des réponses toutes personnelles à des questions existentielles, les questions que personne ne se pose, des zooms sur la vie contemporaine et ses absurdités. La vie, quoi !

29 octobre 2010

Trop de loi tue la loi, surtout quand nul n'est censé l'ignorer

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La  France est un pays qui peut rimer beaucoup en R. J'explique. La France est un pays où on vocifère, où on déblatère, où on désespère, et surtout, où on légifère. Oui, mais pour quoi faire, au juste ?

Et bien, cultivons nous sur l'art de pondre de la loi à qui mieux mieux et de ne rien en faire.

L’incroyable gâchis des lois jamais appliquées

Près d'une loi sur six n'entre jamais en vigueur !

" Grâce à Nicolas Sarkozy, les choses avancent. Auparavant, par exemple, lorsque les enseignants se mettaient en grève, des millions de familles se retrouvaient devant des portes d’école fermées avec leurs enfants sur les bras, c’était malcommode et scandaleux, surtout pour les foyers modestes, bien en peine de se payer une baby-sitter. Mais, depuis le vote de la loi du 20 août 2008, qui oblige les établissements en grève à assurer l’accueil des élèves, la situation s’est améliorée. Certes, des millions de familles se retrouvent toujours devant des portes fermées avec leurs enfants sur les bras, car la plupart des maires n’ont pas les moyens (ou refusent tout net) d’appliquer ce texte, et rien n’est prévu pour les y contraindre. Mais les parents sont désormais autorisés à protester contre ce déni de droit. C’est un progrès. " Oui, c'est vrai qu'en pratique, ça change vachement la face du monde, de pouvoir se pourvoir en justice et raquer des frais d'avocat pour se battre contre les institutions, et espérer un procès au bout de 10 ans. Remarquez, certains parents ont trouvé la parade : ils se foutent en arrêt maladie, et comme ça, en plus du bordel ambiant, on alourdit encore les déficits, en tirant une nième balle dans le pied de Marianne.

" Et une loi de plus pour du beurre ! Cela devient une habitude… Selon un récent décompte réalisé par le Sénat, 234 des 1 500 textes adoptés par le Parlement depuis 1981 n’ont été que partiellement ou pas du tout mis en œuvre, faute de décrets d’application. Et l’histoire de France regorge d’articles tombés dans les oubliettes le jour même de leur adoption – ou allègrement piétinés depuis.

Sait-on que, aujourd’hui encore, le port du pantalon pour les femmes est officiellement subordonné à une déclaration en préfecture ? " Alors là, j'avoue que ce serait quand même bien emmerdant de devoir tous les matins, en plus de s'être occupé de la marmaille, d'avoir balayé (si, j'en connais qui ne peuvent pas partir sans avoir ramassé LA miette tombée par terre au petit déj), de devoir en plus, et avant d'aller tafer, signaler qu'on a tapé son slim parce qu'on en avait eu envie, comme ça, sur un coup de tête. Celle là est donc bien aux oubliettes, et ce n'est pas le MLF qui va me contredire.

" Et que le préambule de la Constitution de 1946, toujours en vigueur, garantit le droit à l’emploi pour tous les travailleurs, ainsi que leur capacité à «participer […] à la gestion de leur entreprise» ?"

Evidemment, en 1946, la population ayant été vaguement décimée pendant les années précédentes, il était facile de se dire que vu le merdier laissé par la guerre, tout le monde allait pouvoir aller au turbin, en chantant la chanson des 7 nains, qui plus est. Quelques décennies plus tard, c'est l'inverse. Tout est aseptisé, électronisé, et le nombre d'individus s'est multiplié au moins aussi vite que les petits pains sous l'effet des miracles de Jésus. Quant à imaginer une seule seconde que les employés aient d'autres droits que celui de fermer leur gueule et de produire toujours plus pour gagner de moins en moins (Nicolas S, désolée de vous contredire, mais la réalité, en vrai, c'est comme ça), le législateur avait du abuser du narguilé pour imaginer un seul instant que les patrons allaient laisser leurs employés mettre le nez dans la gestion de la boîte. Ben oui, comment qu'on fait après pour abuser des biens sociaux ?

Et alors que certaines lois tombent (heureusement) en désuétude, d'autres se voient complètement évincées, sous des pressions scandaleuses. Je choisis les adjectifs que je veux. Je vais même ajouter dégueulasses, ça illustrera mieux ce qui suit.

"Tirons aussi un coup de chapeau collectif à tous les groupes de pression anti-environnementaux, agriculteurs de la FNSEA, producteurs de pesticides, transporteurs routiers, amis du nucléaire, bétonneurs de littoral ou allergiques à l’éolien. Main dans la main, ils ont réussi à vider de quasiment tout son contenu la fameuse loi Grenelle 1, censée faire basculer la France dans un modèle de croissance propre et vertueux. La taxe écologique sur les poids lourds a été repoussée, l’implantation des éoliennes plus strictement réglementée, la pub sur les pesticides autorisée, le chauffage électrique encouragé dans les nouvelles constructions et les rejets de centrales nucléaires moins encadrés. " No more comment, tout est écrit.

Pis, parfois, les lois sont votées, et les décrets d'application avec. Oui, mais... On ne serait pas en France s'il n'arrivait pas ce qui suit !

" Une fois l’étape du décret franchie sans encombre, la loi peut trébucher sur un obstacle plus insidieux encore : le manque de moyens. Prenons par exemple le droit à l’incarcération des prisonniers en cellule individuelle, reconnu par le Parlement depuis… 1875. Eh bien, il n’a jamais pu être appliqué, faute d’argent. Et la réaffirmation solennelle de ce principe dans la loi pénitentiaire de 2009 n’y changera rien, car elle n’a été assortie d’aucune enveloppe budgétaire.  Quant à l’instauration d’un «droit au logement opposable», il relève de la fantasmagorie. Si l’Etat voulait vraiment offrir un toit à tous ceux qui en ont besoin, il lui faudrait en effet construire, de l’avis même du gouvernement, au moins 500 000 logements, perspective absolument délirante, eu égard à la situation des finances publiques. " Donc, pour nos parlementaires, beaucoup de voeux pieux, peut être une manière de s'acheter une bonne conscience et d'avoir le sentiment de mériter les émoluments disproportionnés qu'on leur verse. C'est là qu'on voit que la notion de Français moyen ne signifie rien pour eux, qui roulent dans des voitures avec chauffeur, bouffent aux frais de la Princesse, et prennent des décisions sans en mesurer la portée et encore moins la mise en place. La teuf, quoi.

Mais la France restera, probablement, et visiblement pour l'Eternité, le pays où " faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais". Pourquoi je médis encore ? Pour ça.....

" Lors de la réunion inaugurale, le président du Sénat a dénoncé la «prolifération législative» en déplorant que «le législateur s’exténue à produire des textes que le citoyen ne comprend pas». Les élus ont décidé de donner l’exemple : ils ont promis de s’appliquer les retenues pour absentéisme inscrites dans les textes depuis 2008… mais jamais mises à exécution. " Ben voyons !

Etant particulièrement outrée par ce contenu que j'ai tenu à partager avec vous, amis lecteurs, je terminerai donc sur ce qui résume bien le fond de ma pensée, et tant pis pour la bienséance. Bienséance dont je n'ai strictement rien à foutre, en fait, et vous le savez si vous me lisez régulièrement !

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Une Syssy qui en marre de voir que le monde des Puissants et le monde des Gens sont séparés par un sas hermétiquement clos et opaque.


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