LES CHRONIQUES IMPERTINENTES DE SYSSY

L'actualité passée au crible et commentée, des réponses toutes personnelles à des questions existentielles, les questions que personne ne se pose, des zooms sur la vie contemporaine et ses absurdités. La vie, quoi !

10 octobre 2010

L'enfer des grandes surfaces

imagesCAADHAC2Je ne sais pas vous, mais moi, aller faire les courses, ça m'angoisse par avance. D'abord, il faut faire l'inspection des placards, du frigo, et noter ce qui manque. Il n'est pas rare de revenir avec de quoi tenir un siège, mais en ayant connement oublié le sel. Sans compter qu'il faut habilement louvoyer avec les desiderata de nos rejetons, abreuvés de pubs, et qui réclament à corps et à cris le dernier yaourt violette-melon, ou les toutes nouvelles frites fourrées au gouda. "Si maman, Bob l'Eponge il a dit que c'était super top bon, faut ab-so-lu-ment en acheter !"

Alors que  vous savez pertinemment qu'au bout de deux bouchées, ça va finir en : "c'est dégueu", et que vous n'aurez pas d'autres solutions que de vous les fader vous-même. Ben oui, à 5 € le pack de huit yaourts, pas question de gâcher, même si c'est plus qu'immangeable.

Bref. Après ce préalable, il faut encore s'assurer d'avoir un jeton pour le caddie, la carte de fidélité du magasin, les bons de réduction, les sacs recyclables, les sacs isothermes. EH OH, c'est les courses, pas un raid américain à la recherche de Ben Laden non plus. Pas loin quand même....

Allez on y va : liste - checked. Jetons caddie : checked. Carte fidélité : checked. Bons de réduc : checked. Sacs : checked.

Ce qu'il y a de bien, puisque vous n'avez rien trouvé de mieux que d'y aller le samedi, c'est que tout le monde a eu la même idée. Ce qui fait qu'avant même de vous retrouver à crapahuter dans 10000 m², il vous faut une plombe pour vous garer. Sans compter qu'il n'y a aucune pitié, ça arrive de tous les côtés, Zavez intérêt à faire gaffe au malotru qui arrive et vous pique la place que vous attendez depuis un quart d'heure, adressant un sourire crispé à la vieille qui n'en finit pas de ranger son coffre. Et qui doit encore claudiquer jusqu'à l'abri à caddies pour ranger le sien.

Généralement, de fait, vous arrivez dans le magasin, vous êtes déjà passablement énervé, en sueur parfois, fatigué d'avance, toujours.

Dès lors, une autre bataille commence. Assez rapidement, votre caddie se remplit, et il n'est pas rare que dans ces temples de la tentation, vous achetiez plein de choses qui n'étaient pas initialement prévues. Ce qui vous coûte un bras à chaque passage en caisse. Vous avez beau le savoir, vous ne résistez pas aux sirènes du marketing et du merchandising, si habiles pour vous obliger à vous taper tout le magasin même si vous n'avez rien à acheter au rayon confiserie. Passage obligé, y a des mecs payés à concevoir le pire labyrinthe possible, vous ne pouvez pas y échapper. "Faut consommer pour relancer la croissance", dixit le nain de jardin qui trône à l'Elysée.

Si, en plus, vous avez eu la bonne idée d'emmener un ou plusieurs enfants avec vous, vous retrouverez probablement, envoyés subrepticement par le fond du caddie, pendant que vous hésitiez durant huit jours pour choisir des yaourts parmi les 851 références, des gateaux, chips et autres saloperies chimiques que vous aviez pourtant formellement interdits. Perso, je fais désormais les courses seule, ça m'évite de me payer la tehon devant tout le monde si d'aventure la miniature se jette par terre dans un giga caprice improvisé.

imagesCAMUPLE0Enfin, vous vous délecterez d'attendre trente minutes  votre tour pour vider intégralement votre caddie sur le tapis. En pestant contre mamie et papi, qui, bien qu'ils aient tout le temps pour faire leurs commissions, comme ils disent, trouvent le moyen d'embouteiller la caisse le jour du rush, en rangeant leurs achats avec  la lenteur exaspérante d'un limaçon hémiplégique.  Et qui évidemment, finiront par payer en chèque, en devant montrer une pièce d'identité qui date de 1970 et sur laquelle ils sont méconnaissables.

Si vraiment vous êtes greffé sur un concombre, vous aurez devant vous, aussi, le gars qui retourne prendre dans le rayon ce qu'il a oublié, et revient avec 15 articles, puis celui qui a acheté un machin dont le code barre ne correspond à rien.

Quand votre tour arrivera, il n'est pas exclu que, puisque vous aurez fulminé pendant tout ce temps, en serrant le kiki à une bouteille de Volvic qui n'y est strictement pour rien, que cette dernière se venge en se perçant. Ce qui vous obligera soit à acheter un pack de 8.25 litres, ou de vous retaper tout le magasin pour rechercher un pack non endommagé. Ce qui n'est rien comparé au Mir Laine mal fermé qui a dégouliné dans votre caddie et s'est répandu sur toutes les denrées alimentaires. Et là, vous savez déjà que vous aurez droit à : " Il a un goût de Fraicheur Grand Large, le poisson, ou je rêve ? Tu l'as mis à la machine ou quoi ?" "Non, je l'ai lavé avec Mir Laine, Ducon."

Une fois sortis du magasin, après avoir donc remis tout le bordel dans le caddie et avoir délesté votre compte en banque d'une somme vous ayant fait frôlé l'apoplexie, vous aurez encore la joie indicible de tout ranger dans le coffre de la voiture, en essayant de ne pas faire une omelette avec les oeufs avant de rentrer.  Sachant qu'ensuite, vous aurez encore le plaisir de vider le coffre et de tout ranger chez vous. Au bas mot, l'épopée aura duré quatre heures.

Ceci étant, même si vous les faites à un autre moment, les courses restent une corvée, et les grandes surfaces, les antichambres de l'Enfer. Oui, c'était la note joyeuse de la fin de week-end. Histoire de bien commencer la semaine pour ceux qui ont réservé le ravitaillement pour demain.

Syssy, qui n'aime définitivement pas aller faire ses courses.

Posté par Syssy Insolente à 18:51 - Socialement satirique - Commentaires [0] - Permalien [#]

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