LES CHRONIQUES IMPERTINENTES DE SYSSY

L'actualité passée au crible et commentée, des réponses toutes personnelles à des questions existentielles, les questions que personne ne se pose, des zooms sur la vie contemporaine et ses absurdités. La vie, quoi !

27 septembre 2010

Comment bien niquer son week-end à coup sûr

imagesCAN4MW64Chers lecteurs, non je ne vous ai pas cruellement abandonnés, ni ne suis partie au Ciel, comme dirait mon fils. J'étais juste occupée à passer un week-end détestable.

Si vous aussi vous en avez ras le bol de vous détendre le week-end, si vous trouvez dommage de casser le rythme de la semaine, basé sur : se faire chier comme un rat mort dans un boulot qui vous déplait, à faire des sourires hypocrites à des gens à qui vous avez juste envie d'exploser la tronche, alors, prenez modèle. Vous arriverez au dimanche soir tout content finalement de repartir pour une nouvelle semaine de labeur. C'est une forme de théorie de la relativité, revue et corrigée. Ca ne permettra pas aux gens évoqués plus haut d'avoir une ganache que vous aurez moins envie d'entarter, c'est juste que vous aurez une autre cible pour balancer un cocktail Molotov.

Et comment réussit-on ce tour de passe-passe digne de David Copperfield ?

Et bien, pour bien niquer son week-end, il vous faut déjà un certain nombre d'ingrédients :

- un homme appartenant à la famille Lajoie Triste, que rien ne réjouit. Fatigué et légèrement malade, c'est mieux, pour le côté épicé de la recette. Avec une self estime dans les chaussettes, c'est le summum.

- une femme qui a accumulé un sac à reproches depuis un moment et qui va s'ingénier à les tirer à bout portant et sans discontinuer jusqu'à ce que la flammèche de l'indignation en face commence à s'embraser.

- une météo qui ne donne pas tellement l'envie de faire autre chose que de se chercher des poux plein la tête, sur une bande de Gaza pas plus large que votre salon. Faites gaffe aux vitres si vous passez du virtuel au réel dans votre IntiFada-Party, je rappelle qu'en français dans le texte, Intifada, c'est la guerre à coup de pierres. Et que même si le mec de K par K vous a bien enfumé avec la résistance extraordinaire de vos fenêtres, il n'est pas exclu que ça vole en éclats si vous lourdez des gravats ou des cailloux d'un kilo chacun dedans. Oui, s'envoyer du gravier n'a pas tellement d'intérêt, tant qu'à simuler la guerre Israël - Palestine, autant prendre des accessoires réalistes.

Je déconseille toutefois de pousser le réalisme jusqu'à reproduire un attentat suicide avec ceinture de TNT, car c'est un peu irréversible. Et je vous fais grâce de l'état des carreaux après l'explosion, surtout qu'il paraît que les K par K, c'est pas des plus faciles à nettoyer.

- derniers ingrédients pour réussir votre week-end de daube : l'absence de reconnaissance des torts, une pincée de mauvaise foi des deux partis, l'absence de capacité à abdiquer chez chaque protagoniste, permettant ainsi un remake d'un Jour sans Fin, remastérisé, chacun voulant avoir le dernier mot.

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Vous voilà bien armés pour faire de votre week-end une odieuse gabjie, qui, si tout se passe bien, vous restera en plus sur la patate une bonne partie du lundi. Certain(e)s  ayant la digestion des affronts un peu lente, aussi appelés les "constipés de la mansuétude", ils traîneront ça la moitié de la semaine. Dans les pathologies sévères de rancoeur, ils pourraient même tourner en boucle jusqu'au week-end suivant, histoire de remettre le couvert.

Bien, maintenant, pour que la mauvaise mayonnaise prenne, voici la marche à suivre :

- Monsieur déclenche les hostilités à partir de ce qu'il veut, Madame étant hautement inflammable. Je conseille quand même le "tu veux un coup de main" alors qu'il ne reste rien à faire hormis poser son cul pour passer à table. Ce qui prend donc la signification suivante dans la citerne de gaz qui sert de tête à Madame.: "mais il se fout de ma gueule, à arriver après la bataille, avec son sourire provocateur, en plus ? ' , là où Monsieur pensait sincèrement que mettre le non pain sur la table (normal, personne veut aller en acheter avec ce mistral, sans compter que Monsieur a terminé sa nuit en début d'après midi, boulange à sec de stock de Campagnette, donc), rendrait service à tout le monde.

- Madame riposte immédiatement en sortant toute la batterie de casseroles, dans un joyeux tintamarre de sa voix en stéréo, aigus saturés, à 85 DB, de vacheries qu'elle retient depuis un moment. Vous choisissez, mais il semblerait que " bah, j'ai l'habitude" soit, sous ses airs non agressifs, beaucoup plus sujet à polémique qu'il n'y paraît.

Ensuite, et bien, en fonction de la consistance que vous voulez donner à la pourriture de votre week-end, vous ajoutez autant de piques récipoques que vous le souhaitez. L'avantage de faire ça, c'est qu'à un moment, ça va finir par chialer dans la chaumière, d'énervement, de tristesse, de ce que vous voulez, et que vous pourrez saler la préparation aux larmes. En revanche, je vous préviens, ce plat a une légère amertume.

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Cette recette fait une bouillie qui se mange chaude, - en effet, les joules émises par la colère sont hautement calorifères, et le dessert qui l'accompagne le mieux, la vengeance, aura plutôt tendance à se manger froid.

Ah, j'ai oublié un détail, le nom de cette recette : c'est la soupe à la grimace.

Bon appétit et surtout, bon prochain week-end si vous la mettez au menu.

Syssy, encore un tantinet cabossée du week-end.


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